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Ответы на вопросы к экзамену по лексикологии
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1. Objet d'étude de la lexicologie.

La lexicologie a pour objet d'étude le vocabulaire ou le lexi­que d'une langue. La lexicologie peut être historique et descriptive, elle peut être orien­tée vers une ou plusieurs langues. La lexicologie historique examine le développement du vocabulaire d'une langue des origines jusqu'à nos jours, c’est une étude diachronique. Une étude diachronique du lexique nous apprend que certains moyens de for­mation conservent depuis des siècles leur productivité (par exemple, la formation des substantifs abstraits à l'aide des suffixes -ation, -(e)ment, -age, -ité, -isme), d'autres ont acquis depuis peu une importance particulière (ainsi, la formation de substantifs avec les suffixes -tron, -rama, -matique), d'autres encore perdent leur ancienne productivité (telle, la formation des substantifs avec les suffixes -esse, -ice, -ie). Les phénomènes du français moderne tels que la polysémie, l'ho­monymie, la synonymie et autres ne peuvent être expliqués que par le développement historique du vocabulaire. La lexicologie descriptive s'intéresse au vocabulaire d'une langue dans le cadre d'une période déterminée, un tableau synchronique. Si l'approche diachronique permet d'expliquer l'état actuel du vocabulaire, l'approche synchronique aide à révéler les facteurs qui en conditionnent le mouvement progressif. Ainsi la synchronie se rattache intimement à la diachronie.

Le lien entre la lexicologie et les autres branches de la linguis­tique. Le système de la langue présente un ensemble d'unités hiérarchisées. En allant des unités plus simples aux plus complexes on distingue les phonèmes, les morphèmes, les mots, les propositions. Chacun de ces types d'unités cons­titue ce qu'on appelle un niveau de structure. Ce sont respectivement les niveaux phonologique, morphologique, lexical, syntaxique. La lexicologie étudie les unités du niveau lexical: les mots et leurs équivalents fonctionnels. La lexicologie se trouve étroitement rattachée à la morphologie et à la syntaxe. Le lien entre la lexicologie et la morphologie: la lexicologie s'intéresse à le rôle des mots dans l'enrichissement du vocabulaire, alors que la morphologie y voit des caractéristiques particulières propres aux parties du discours. La lexicologie s'unit à la phonétique (phonologie). Comme toute autre langue le français possède son propre système phonique caractérisé, par les particulari­tés de la structure sonore des mots qui ne sont pas sans intérêt pour la lexicologie. Il importe de relever les traits spécifiques de la prononciation dialectale qui offre des déviations à la norme littéraire. Il est de même nécessaire d'avoir en vue que la prononciation des emprunts faits aux autres langues peut sensiblement s'écarter des règles de la pro­nonciation française.La lexicologie est en contact avec la stylistique. Elle prend en considération l'emploi des vocables dans les styles variés de la langue.
2. Le mot et la notion.

Le mot et la notion présentent une unité dialectique. On distingue deux degrés de la connaissance. 1/ Le premier degré consiste dans la sensation, dans la formation de perceptions et de représentations à partir de la sensation. La sensation est le lien immédiat entre la réalité, et la conscience. La sensation sert de base à la perception et la représentation. Le processus de perception s'effectue quand on perçoit directement un objet par les sens. La perception est l'ensemble des sensations produites par un objet. On peut se représenter un objet sans le percevoir directement, à l'aide de la mémoire ou de l'imagination. La représentation est l'image mentale de l'objet qui n'est pas perçu directement par les sens. 2/ Le deuxième degré de la connaissance suppose la généralisation des phénomènes isolés, la formation des notions et des jugements.

Par la généralisation théorique, abstraite des perceptions et des repré­sentations, on forme des notions. La notion, fait ressortir les propriétés essentielles des objets, des phénomènes de la réalité. Si nous regardons une rivière nous la percevons ; si plus tard nous évoquons le souvenir de cette même rivière, nous nous la représentons. L'image concrète de cette rivière est, dans le premier cas, une perception, dans le deuxième — une représentation. La notion n'est plus une image mentale concrète, c'est une abstraction, une généralisation théorique. Le mot rivière sert à nommer non pas une rivière déterminée, mais n'importe quelle rivière, la « rivière », autrement dit, exprime la notion de «rivière » généralisée, abstraite. La notion peut être rendue par des moyens linguis­tiques différents : par des mots, des groupes de mots. La faculté d'exprimer des notions est une des caractéristiques fon­damentales des mots et de leurs équivalents. Pourtant unité ne veut pas dire identité. Un mot peut être lié à plusieurs notions et, inversement, la même notion est parfois rendue par des mots différents. Les notions, peuvent être réels et irréels. Ils sont réels à condition de refléter les propriétés des objets et des phénomènes de la réalité objective. Tels sont : électricité, atome, réalité, jugement, science, mot, morphème; homme, enfant, etc. Les notions, irréels ne reflètent pas des objets et des phénomènes existants ; tels sont : panacée, phlogistique etc. Les notions irréels ne sont pas détachés de la réalité objective. Ils reflètent des fragments de la réalité combinés grâce à l'imagination. Ainsi, les deux degrés de la connaissance sont inséparables. Le lien des notions avec les représentations et les perceptions détermine la faculté du mot d'exprimer non seulement des notions, mais aussi des représentations. Le mot tableau à l'état isolé, exprime une notion ; il se rattache à une représentation, à une image concrète, déterminée pour le maître qui s'adresse en classe à un de ses élèves avec la phrase Venez au tableau !

^ 3. Caractéristique phonétique et grammaticale des mots.

Chaque mot qui porte un sens lexicale a son aspect phonètique et grammaticale. Tout mot isolé français porte l’accent sur la dernière syllabe. Si les mots russes garde abituelement leur accent tonique dans le discourse les mots frsnçais subissent une désaccentuation dans la chaine parée. L’accent ritmique tombe sur la dernière syllable du dernier mot d’un group ritmique qui forme un tout sémantique. Les mots forment une chaine inantérompue grace aux liesons et aux enchaînements. La major partie des mots fr. Ont une ou deux syllables. La plupart de syllables sont ouvertes. Tout mot appurtenant à une partied u discourse pocède sa propre structure morfologique, sa valeur grammaticale. Le sens grammaticale est toujours abstrait. Il faut distinguer les mots autonomes (noms, pronoms,verbes, adverbes) et mots utiles. Dans la proposition les mots autonomes remplissent les fonctions de différents termes (sujet, pré­dicat, complément, etc.), tandis que les mots non-autonomes établissent des rapports variés entre les parties de la proposition. La faculté de former des propositions afin d'exprimer des jugements constitue une des principales caractéristiques grammaticales des mots. Une autre particularité du mot consiste dans son appartenance à une des parties du discours. Ainsi on distingue les substantifs, les adjectifs, les verbes, les adverbes, les pronoms, etc. La faculté du mot de se décomposer en morphèmes présente une des caractéristiques grammaticales du mot qui le distingue du morphème. Les fonctions des mots. La fonction générale des mots est de servir à la communication des hommes entre eux. Tout mot est porteut de differentes fonctions Il faut distinguer 3 fonctions essentielles des mots : logique, nominative, expressive. Certains mots ont la valeur affective, ils servent à traduire les sentiments de l'homme, son attitude émotionnelle envers la réalité ; ce sont des mots à fonction expressive. La plupart des mots autonomes, ont la faculté d'exprimer des notions et celle de nommer les objets et leurs indices ; tels sont : homme, tête, main ; brave, vigoureux ; travailler, penser, etc. Parmi les mots exprimant des notions il faut signaler ceux qui expri­ment des notions uniques. Ce sont les noms propres dénommant des lieux géographiques tels que : Moscou, Paris, la France, les Alpes, etc., ou des noms d'objets uniques: le soleil, la terre, la lune, le ciel, etc. Parmi les mots autonomes on distingue les noms propres de personnes et d'animaux dont la fonction désignative est prioritaire : Pierre, Michel, Lucie, etc. Certains mots-outils traduisent les rapports existant entre les notions et les juge­ments (tels sont les prépositions, les conjonctions, les pronoms relatifs), d'autres précisent, les notions rendues par les mots qu'ils accompagnent (ainsi les déterminatifs : articles, adjectifs possessifs et démonstratifs ; les particules). Les interjections possèdent exclusivement la fonction affective.

^ 4. LA FORMATION DES LOCUTIONS PHRASÉOLOGIQUES

Les locutions phraséologiques sont des uni­tés lexicales qui par leur fonctionnement se rapprochent souvent des mots ce qui permet d'envisager leur création à côté de la formation des mots.

La phraséologie étudie des structure de mots particuliers. En se combinant dans la parole, les mots forment deux types d'agencements différents. Ce sont, des groupements de mots individuels, instables ; les liens entre les composants de ces groupements se rompent après leur formation. Ces groupements de mots se forment au moment même du discours et dépendent exclusivement de l'idée que le locuteur tient à exprimer. Ce sont des groupements tels que un travail manuel, un travail intellectuel, une bonne action, une mauvaise action. D'autre part, ce sont des agencements dont les mots-composants ont perdu leur liberté d'emploi et forment une locution stable. Ces locutions expriment souvent une seule idée, et n'ont un sens que dans leur unité. Les locutions stables sont reproduites dans le discours, étant formées d'avance.

^ Les locutions phraséologiques, diffèrent par le degré de leur stabilité et de leur cohésion. Ch. Bally distingue deux types essentiels de locutions phraséologiques : il nomme unités celles dont la cohésion est absolue et celles dont la cohésion n'est que relative.

Vinogradov distingue les locutions phraséologiques suivantes : les unités indécomposables, les unités et les combinaisons phraséologiques. Les deux premiers types de locutions constituent un groupe synthétique, le dernier type représente un groupe analytique. Vinogradov porte son attention sur les particularités d’ordre structurale et grammaticale des locutions phraséologiques.
^ 5. Les principes de classification des locutions phraséologiques.

La locution phraséologique est un phénomène complexe qui se prête à une étude multilatérale. De là les difficultés se présentent dans la classification des locutions phraséologiques qui pourraient être groupées à partir de principes divers reflétant leurs nombreuses carac­téristiques (degré de stabilitée, de fusion sémantique structure).

^ 1. d'après le degré de la motivation on distingue

- les locutions immotivées («avoir pas froid aux yeux — «avoir de l'énergie, du courage»),

- sémantiquement motivées (rire du bout des lèvres — «sans en avoir envie»)

- les locutions à sens littéral {livrer une bataille, se rom­pre le cou).

^ 2. D'après leurs fonctions communicatives on pourrait dégager

- les locutions à valeur intellectuelle (salle à manger, le bon sens, au bout du compté),

- à valeur logico-émotionnelle (droit comme une fau­cille — «tordu», ses cheveux frisent comme des chandelles — « elle a des cheveux plats»),

- à valeur affective (Flûte alors ! — qui marque le dépit.)

^ 3. Le fonctionnement syntaxique distinct des locutions phraséologi-ques permet de les qualifier

- d'équivalents de mots (pomme de terre, tout de suite, sans cesse),

- de groupements de mots (courir un danger, embarras de richesse),

- d'équivalents de phrases (c 'est une autre paire de manches ; qui dort dîne; qui trop embrasse mal étreint, prov.)

Les locutions phraséologiques pourraient être classées à partir d'autres principes dont la structure grammaticale, l'appartenance à un style fonctionnel. Toutefois le principe sémantique, paraît être un des plus fructueux. Il permet de répartir les locutions phraséologiques en plusieurs groupes qui se retrou­vent dans des langues différentes.
^ 6. La clasification sémantique des phraseologismes

Selon la clasification sémantique des phraseologismes on peut distinguer 3 types essentiels :

1. les groupements synthétiques (idiomes)

2. les groupements intermédiaires

3. les groupements analytiques

1. Les idiomes sont des locutions dont le sens global ne coïncide pas avec le sens des mots-composants. Les idiomes présentent un tout indivisible dont les éléments ont perdu leur autonomie sémantique. D'après leur fonctionnement syntaxique ils sont tantôt des équivalents de mots et jouent, le rôle d'un terme de la proposition (enveloppe mortelle — «corps humain considéré comme l'enveloppe de l'âme) tantôt des équivalents d'une propositon dont les éléments conservent une certaine autonomie syntaxique (il n 'y a plus que le nid, l'oiseau s'est envolé, il n 'y a pas de roses sans épines).

D'après le degré de leur motivation on distingue deux types d'idio­mes : les locutions soudées et les ensembles phraséologiques.

Les locutions soudées, sont les plus stables. Leur sens ne découle pas de leur structure lexicale. (avoir maille à partir avec qn, marquer un jour d'une pierre blanche, ne pas être dans son assiette.) Les locutions soudées comportent souvent des mots tombés en désué­tude. Tels sont assiette —manière d'être assis », dans l'expression n 'être pas dans son assiette;

Certaines locutions soudées contiennent des archaïsmes grammati­caux. Signalons l'absence de l'article devant le substantif dans avoir maille à partir, l'absence de la préposition dans à la queue leu leu.

Par leur structure lexicale certaines locutions soudées correspondent à des agencements libres; (cf. : il a del 'étoffe, ce jeune homme et j 'ai une belle étoffe pour me faire une robe).

La plupart des soudures ont dans la langue une valeur expressive, émotionnelle. Elles sont largement utilisées comme moyen stylistique dans les œuvres littéraires. À rencontre des soudures le sens général et réel des ensembles phraséologiques se laisse plus ou moins révéler à travers le sens de leurs mots-composants. Telles sont les expressions : passer l'éponge qui signifie «oublier, pardonner», rire du bout des lèvres ou «sans en avoir envie».

Le sens global des ensembles phraséologiques découle plus ou moins nettement du sens des mots-composants sans y correspondre exactement.

Parmi les ensembles phraséologiques vient se classer un grand nombre de comparaisons imagées qui sont bien typiques de la langue française. Ce sont des expressions très usitées telles que : manger comme quatre, dormir comme une marmotte, pleurer comme une fontaine, être comme un poisson dans l'eau, être bon comme le pain. Ces expressions sont généralement très concrètes et leur sens se laisse facilement comprendre.

^ Les dictons et les proverbes se laissent aussi ranger parmi les ensem­bles phraséologiques : il n'y a point de sots métiers ; à quelque chose malheur est bon ; la nuit porte conseil.

2. les groupements intermediaries

On trouve en français encore un type de groupements stables synthétiquaux-analytiques moins soudés que le premier type. Ces groupements de mots ne sont pas indécomposables mais ils ne sont pas conformes à la norme grammaticale du fr. Moderne ce qui permet de les envisager comme un type de locutions intermédiaires entre les unités synthétiques completement indécomposables et les unités lexicaux purement analytiques. Ce sont les périphrases verbales, adverbales, prépositives et conjonctives qui contiennent des archaïsmes grammaticaux ( rendre compte, avoir faim, faire peur).

^ 3. les groupements analytiques

Le fr. De nos jours qui a des tendences analytiques tres prononcées abonde en périphrase de toute sorte : verbale, nominale, adverbale, prépositive, conjontive. La major partie de ces périphrases est conforme à la syntaxe de fr. Moderne ce qui pérmer de les raporter aux locutions analytiques. Ce sont des loc. à signification fraséologiquement liés (subire en combinéson avec un grand nombre de substantif donne des locutions conformes à la syntaxe contamporain – subire un examen))

^ 7. Les locution proverbiales portent la valeur expressive. Ces groupements des mots constituent en groupe àpart dans la phraséologie française le groupe de locution proverbiale. Ces loc. Different par le degré de la soudure de leur parties composantes. Pour la plupar des cas ce sont des groupement synthétiquaux-analytiques: le leux ne vaut pas la chendelle. On y voit nombre de comparesons toutes faites : écrire comme un chat, simple comme bonjour, vivre comme chat et chien. Les locution proverbiales françaises sont souvent basées sur un autre lexique que leur équivalents russes ce qui explique par les particularitées de la structure lexique et grammaticale de 2 langue par des faits hystoriques.

Les locution proverbiales absorbent l’individualité des mots sans les priver de sens. Les mots isolés gardent dans les locution proverbiales de ce type une certaine indépendence mais ils sont strictement limités dans leur emploie, leur place est fixé. Ces locution proverbiales sont habituellement homonymes aux groupements des mots correspondants libres. Au point de vue des voies de leur formation on peut répartire les locutions proverbiales en quelques types donc d’apres les voies de leur formation :

1. les locutions fondées sur l’emploie métaphorique d’un groupement de mot autrefois libre. Ces groupements constituent le group le plus nombreux de locutions (déchirer la main qui mourit, donner la œf pour avoir un beuf).

2. les locutions fondées sur l’emploie métonimique (vint têtes vint avis).

3. les locutions fondées sur une hyperbole (faire d ‘une mouche un éléphant, ne savoir rien de rien).

4. les pléonasmes à « e » seuls peuvent constituer l’ intégrités sémantiques d’une locution phraséologique (une seul et meme personne, pour et contre).

5. les locutions fondées le jeux de mots des calembours (emable comme une porte de prison).
8. Outre la clasification sémantique basé su le degré de la fusion des composants d’une locution il existe encore la clasification structurale des groupements stsbles :

1 type – locutions nominales (coup de main, le face à face, arme blanche).

2 type – les locutions verbales (avoir soif, entrer en contact, juire de la lumière,).

3 type – les locutions pronominales (tout le monde, quelque chose).

4 type - les locutions adverbiales (tout à coup, jamais de la vie, à peut pret).

5 type – les locutions prépositives (grace à, sous les yeux de, sur le dos de).

6 type – les locutions conjouctives (en temps que, à mesure que).

7 type – les locutions intérgéctives (ma fois, misère de ma vie, dès cloup).
^ 9. Les antonymes

Les antonymes sont des vocables à sens opposé qui expriment des notions contraires. Les choses qui n'ont rien de commun entre ne peuvent pas être contraires, par exemple : pierre et livre, lampe et pain, Par contre, bon et mauvais, toujours et jamais, sont des antonymes car ils expriment des notions contraires. Les oppositions entre deux choses homogènes peuvent être de différente nature.

1. Le type d'antonymes le plus répandu repose sur des opositions graduelles, qualitatives ou quantitatives. Dans ces cas on est en présence d'une valeur négative opposée à une valeur positive de même intensité, et l'inverse :long court, amour haine, froidchaud, ami ennemi

Les contraires de ce type peuvent avoir des degrés d'intensité différents:

minuscule <—petit «— / —► grand —> colossal

magnifique <— beau I —> laid —* horrible

2. Les dénominations des notions sociales, des groupes antagonistes de la société humaine, qui s'opposent l'une à l'autre pendant des siècles, peuvent être des antonymes : riche pauvre ; aristocrate plébéien ; oppresseur opprimé ; réactionnaire révo­lutionnaire, etc.

3. Un grand nombre d'antonymes sont liés à des notions spatiales ; ils désignent ce qui est dirigé en sens inverse, ce qui occupe les points opposés dans l'espace :la droite la gauche, le sudle nord, l'ouest — /'est, le haut le bas.

4. On considère comme antonymes les vocables qui expriment des notions excluant l'une l'autre qui ne peuvent exister simultanément, ces antonymes sont appelés complémentaires. Tels sont :présence absence, guerrepaix, mouvement immobilité.

L'antonymie partielle.

Tout comme les synonymes, les anto­nymes peuvent être partiels. Les mots polysémiques peuvent avoir des antonymes dans chacune de leurs acceptions. Ainsi le mot bouillant signifie: 1. «ce qui bout» ; 2. «actif, ardent, emporté».

^ Les morphèmes antonymiques. Généralement les antonymes ont des racines différentes. Mais il y en a qui sont formés à l'aide de pré­fixes et de suffixes qui communiquent au mot dérivé un sens contraire à celui de la racine. Ce sont, par exemple, les préfixes - (et ses variantes : dés-, dis-) ; in- (et ses variantes : im-, ir-, il-) et autres : responsable irresponsable, plaisir déplaisir, réel irréel. Comme règle, la dérivation formative ne change rien à l'antonymie des racines : beau beauté / entrer entrée / sortir sortie
^ 10. Les synonimes

La synonymie absolue et relative. Les synonymes absolus présentent dans les différentes terminologies (désinence et terminaison en grammaire, phonème voisée ou sonore, voyelle labiale ou arrondie, consonne spirante, fricative ou constrictive en phonétique). La synonymie absolue est aussi caractéristique de l'argotç. Généralement la synonymie n'est que relative. En effet, les synonymes servent à rendre nos idées, nos sentiments d'une manière plus précise, plus vive et nuancée. Selon le caractère des variations on distingue les synonymes idéo­graphiques (fécond et fertile), affectifs (gamin, galopin et garnement par rapport à garçon), stylistico-fonctionnels (caboche et tête), les synonymes à emploi différent (triomphe et victoire). Les variations affectives. Il existe plusieurs synonymes pour rendre la notion de enfant. Le mot enfant est neutre, le mot bambin désigne un petit enfant avec une nuance de sympathie ou d'intérêt ; le mot gosse traduit la sympathie du locuteur, mais il comporte en même temps une nuance de supériorité et de dédain ; quand on veut parler à un petit garçon sur un ton amical et un peu protecteur, on peut appeler petit bonhomme ; le mot galopin est employé généralement dans un sens péjoratif, quant à garnement, il est nettement dépréciatif. Les variations stylistico-fonctionnelles. Le choix des mots dépend dans chaque cas concret des circonstances, du caractère de l'énoncé. On ne se sert pas du même vocabulaire dans un livre scientifique, une lettre officielle ou intime, une conversation avec une personne âgée ou avec un enfant. Les mots appartiennent à l'un ou l'autre style de la langue écrite ou parlée ; ils peuvent être neutres, nobles, familiers ou vulgaires : ils sont tantôt d'un emploi commun, tantôt d'un emploi terminologique. Cette répartition stylistique du vocabulaire donne naissance aux synonymes stylistico-fonctionnels. Il y a des synonymes appartenant à différents genres littéraires : firmament est plus poétique que ciel, génisse plus poétique que vache. Les variations d'emploi. Il y a des synonymes qui se distinguent avant tout par leur environnement linguistique. L'emploi de ces mots avec d'autres est une question d'usage. Les mots travail, labeur sont des synonymes dont les sens sont très proches (labeur indiquerait un travail plus pénible). Les cas sont fréquents où les deux synonymes s'emploient indifféremment dans le même environnement linguistique : vivre de son travail, vivre de son labeur ; immense travail, immense labeur, etc. Toutefois, les conditions d'emploi de ces mots ne sont pas toujours identiques : on dit travaux publics, mais on ne peut pas dire labeurs publics, quoique ces travaux missent être très pénibles ; l'usage n'admet pas une pareille combinaison. Selon le caractère des variations on distingue les synonymes idéo­graphiques (fécond et fertile), affectifs (gamin, galopin et garnement par rapport à garçon), stylistico-fonctionnels (caboche et tête), les synonymes à emploi différent (triomphe et victoire). Très souvent les distinctions des synonymes se situent sur des plans différents. Ainsi, la synonymie affective est étroitement liée à la synonymie fonctionnelle et idéographique ; la valeur affective de tel ou tel mot dépend de son emploi fonctionnel et de son contenu notionnel. Par exemple,dans la série des synonymes exprimant la notion de visage : figure, frimousse, minois, trogne, gueule, mufle, etc., la nuance de tendresse renfermée dans les mots frimousse, minois s'explique par leur valeur idéographique, puisqu'ils ne peuvent s'appliquer qu'à la figure d'un enfant ou d'une très jeune fille ; l'aversion rendue par les mots gueule, mufle, etc. est due à ce que ces mots désignent au sens propre la « bouche » d'un animal ; ils ne deviennent des synonymes de figure, visage que dans les acceptions figurées, secondaires. D'autre part, la nuance affective d'un mot est parfois le résultat de son appartenance à une sphère d'emploi déterminée. Ainsi, les synonymes du mot amoureux chipé, mordu, pincé, ont un carac­tère grossier, moqueur, dédaigneux, précisément à cause de leur origine populaire ou argotique.


^ Les synonymes partiels. Les synonymes peuvent être partiels. Les mots polysémiques peuvent avoir des synonymes dans chacune de leurs acceptions. Ainsi le mot aigre a plusieurs sens dont chacun possède des syno­nymes — pour 1. « qui a une acidité désagréable » les synonymes sont : acide, acerbe, piquant (cf. un goût aigre, un fruit aigre) ; pour 2. « fort et désagréable » (en parlant d'un son, d'une voix) les synonymes sont : aigu, criard, perçant, strident (cf. sa petite voix aigre devint sifflante) ; 3. en parlant de l'air, du vent les synonymes de aigre sont : froid, glacial, glacé, cuisant, vif. Le mot aigre, grâce à sa polysémie, n'entre que partiellement dans les quatre séries indiquées, il est un synonyme partiel de chacune d'entre elles. Mais les autres membres des séries ne le sont aussi que dans des conditions particulières : ainsi, cuisant n'est le synonyme de froid que par rapport au temps, à la température de l'air ; dans les groupes de mots tels que douleur cuisante, remords cuisants, l'adjectif cuisant n'est aucunement un synonyme de froid ou glacial ; de même l'adjectif cuisant n'est plus un synonyme de froid ou de glacial dans leur sens figuré : accueil froid, politesse glaciale, etc. Les mots froid et cuisant deviennent des synonymes dans un emploi particulier, mais ils ne le sont pas dans d'autres cas. C'est ce qu'on appelle « synonymie partielle ».

^ La synonymie des locutions phraséologiques.

Outre les mots la synonymie embrasse des équivalents fonctionnels de mots parmi lesquels des locutions phraséologiques. Ces dernières sont souvent des synonymes de mots isolés. (se replier et s'enfuir - battre en retraite et plier bagage). Les locutions phraséologiques servent générale­ment à rendre la parole plus colorée : tailler une bavette, savonner la tête à qn, battre la breloque, mettre qqn sur la paille, perdre la boussole sont plus évocateurs que bavarder, gronder, divaguer, ruiner et s'affoler. D'autre part, les locutions phraséologiques peuvent aussi former des séries synonymiques. Pour rendre l'idée qu'on est démuni d'argent on dit n 'avoir pas un rond ou être à sec, être sur le sable. La synonymie des groupements phraséologiques est caractérisée par quelques traits particuliers. La synonymie idéographique n'est pas caractéristique de la phraséologie qui est utilisée avant tout à des fins affectives et expressives. Les synonymes phraséolo­giques à valeur affective sont, très nombreux. Les synonymes phraséologiques offrent très souvent des variations stylistico-fonctionnelles : être sans le sou, être dans les vignes (du sei­gneur), essuyer un échec appartiennent au style neutre, alors que respec­tivement être dans la dèche est familier, être bourré comme un coing est populaire et ramasser un bide (en parlant d'un spectacle) s'emploie dans l'argot. Quant à la synonymie partielle elle n'est pas typique des groupements phraséologiques car ces derniers sont rarement polysémiques.

Les origines de la synonymie. L'apparition de nouveaux syno­nymes répond au besoin de nuancer notre pensée. Les dénominations de ces nuances sémantiques sont puisées dans des sources diverses. Parfois c'est l'emprunt à une langue étrangère. Le mot anglais business ou bisness est à présent un synonyme de commerce, affaire ; à côté de salle, vestibule a apparu le mot anglais hall. Il arrive parfois que les doublets étymologiques historiques conser­vent une affinité de sens qui permet de les considérer comme synonymes; ainsi, les adjectifs raide et rigide remontent à un seul adjectif latin rigi-dus. Il n'est pas rare de rencontrer des synonymes formés d'une seule racine, dont l'un contient un affixe et l'autre en est dépourvu ; tels, les substantifs mont et montagne qui sont des synonymes idéographiques. Le mot mont s'emploie plutôt quand on souligne le caractère individuel de l'objet, tandis que le mot montagne a un caractère plus général : descendre une montagne. Mais le plus souvent c'est au développement de la polysémie que la langue doit l'apparition des synonymes. Les mots qui primitivement n'avaient rien de commun entre eux, à la suite de leur évolution séman­tique, dictée par des besoins de communication, viennent à former des séries de synonymes.

^ 11. Les tropes.

Les transformations du sens propre de mots vers le sens figuré peuvent etre classer en figure dites tropes. Il faut distinguer 2 espèces de tropes : Les tropes métaphoriques et les tropes métonimiques qui different par le caractère de liens qui asseoient les notions. La métonymie est la dénomination d'un objet par un autre lié au premier par un rapport de contiguïté. Donc, le lien qui est à la base de la métonymie revêt toujours un caractère réel, objectif. Par métonymie on désigne un objet ou un phénomène essentiellement différent de l'objet ou du phénomène antérieurement désigné par le mot. Les métonymies se laissent classer en types variés selon le caractère du rapport qui leur sert de base. La plupart sont de caractère concret. 1. On prend la partie pour le tout et inversement, le tout pour la partie (synecdoque). L'homme peut être dénommé par une partie de son corps : С 'est une bonne tête ! C'est un cœur d'or ! Une barbe grise (un vieillard). C'est ainsi qu'ont été formés certains noms de famille : Lecœur, Pied, Lenez. On trouve souvent ce genre de métonymies dans les contes populaires du Moyen Âge : Barbe-Bleue, Fine-Oreille, Belle-Jambe. Parfois les noms des vêtements, des armes, des instruments de musique ou leurs parties servent à désigner l'homme: les robes noires— (hommes d'église) ; un talon rouge (gentilhomme du XVIIe siècle). 2. On prend le contenant pour le contenu et inversement: la ville était sur pied, toute la maison était en émoi ou les mots ville, maison sont employés pour les habitants de la ville ou de la maison. Les cas où le contenant est dénommé par le contenu sont rares; tels sont un café, un billard. 3. On prend parfois la matière pour la chose fabriquée: le carton n'est pas seulement une pâte de papier mais aussi une boîte pour chapeaux ou chaussures et une espèce de portefeuille à dessin; par les substantifs tels cçaçfer, marbre, bronze désignent tout aussi bien la matière que les objets fabriqués avec ces matières. 4. On prend parfois le producteur pour le produit. Souvent un ouvrage, une création reçoit le nom de l'auteur ou deTlnventeur. On dit un Montaigne pour un recueil des œuvres de l'écrivain, un magnifique Rembrandt. Plus rarement le nom du produit est appliqué au producteur. Pourtant on désigjie un animal par le cri qu'il produit: un coucou, un cri-cri. 5. Un type très fréquent de la métonymie consiste à faire passer certains termes du sens abstrait au sens concret : ameublement — «action de meubler» désigne par métonymie l'ensemble des meubles. De même le nom d'une qualité abstraite peut s'appliquer à la chose ou à la personne possédant cette qualité: un talent, une célébrité, une beauté. La métaphore. La métaphore est la dénomination d'un objet par un autre lié au premier par une association de similitude. Par métaphore on désigne un nouvel objet ou phénomène qui, con­trairement à la métonymie, suppose quelque propriété ou trait commun avec l'objet ou le phénomène antérieurement désigné par le mot. La métaphore est un procédé sémantique extrêmement fécond. Tout comme la métonymie elle crée de nouveaux sens et emplois sémanti­ques. Les métaphores concrètes sont bien fréquentes. Ce sont souvent les noms d'objets qui servent à désigner d'autres objets de la réalité : le nez d'un navire ; le bec d'une bouilloire, d'une théière ; les dents d'un peigne. Parmi ce genre de métaphores on peut nommer, en particulier, les substantifs désignant des instruments de travail : bras — «кронштейн». Certaines métaphores désignent l'homme par le nom d'un objet concret : С 'est une scie, cette femme! (une personne ennuyeuse); un drôle de zèbre — (un individu bizarre). Souvent les métaphores désignent l'homme par le nom d'un animal quelconque: un animal, un cochon, un âne, une oie, une pie, une vache,. À l'origine la métaphore comporte toujours une image. Tout comme les métonymies les métaphores de la langue sont des dénominations directes d'objets ou de phénomènes ou bien des acceptions figurées et émotives (bouton-d'or, bras d'un fauteuil, un petit monstre). Quelles sont les sources des métaphores? Les métaphores ont à leur base des comparaisons puisées dans tous les domaines de l'activité de l'homme. Chaque profession, chaque métier, chaque occupation est une source intarissable de comparaisons, donc de métaphores. Ainsi le sport a donné naissance à se cabrer, aller à toute bride, tenir le dé (de la conversation), la manquer belle (« la balle » dans le jeu de paume), la chasse a donné: être à l'affût de, ameuter, faire une battue; la vie militaire a engendré: battre en retraite, de politesse. Les métaphores sont surtout nombreuses dans l'argot. Pour tête on dit boule, cafetière, citron, œuf, pomme, cerise ; pour visage on a hure, façade, bobine ; Cette abondance s'explique par le renouvelle­ment constant de l'argot.

^ 12. Les voies d’enrichissement du lexique français.

La langue se modifie, se perfectionne en fonction du développement de la société à laquelle elle appartient

Les principales sources de l'enrichissement du vocabulaire sont :

- l'évolution sémantique des vocables (mots et locutions),

- la formation de vocables nouveaux,

- les emprunts.

Les deux premieres voies sont les resourses intérnes

d’enrichissement du lexique, la troisième voie c’est la resourse externe.

Le vocabulaire peut se renouveler à l’aide de la modification ou moultiplication des acceptions des mots (batiment ne signifie pas l’action de batir comme autrefois, mais ce que l’on bati, maison ou navre).

Les transformation à l’intérieur de la société ont pour résultat la creation de vocables nouveaux à l’aide de moyen fournis par la langue meme. Ce sont les formations nouvelles tells que: normalization, kilotonne, aéroport.


^ 14. La polysémie et la monosémie des mots.

Un mot polysémique possède plusieurs sens au niveau de la langue-système à une époque donnée.

Généralement les linguistes reconnaissent que la grande majorité des mots est polysémique, que les mots ont tendance à prendre de nouvelles acceptions.

M. Bréal affirmait que la polysémie est un des indices propres aux mots. Il n'y a guère de limite tranchée entre les sens d'un même mot ; au contraire, ils se rattachent par des liens sémantiques plus ou moins apparents, toujours présents. Tant que les sens, aussi distincts soient-ils, s'unissent par des attaches sémantiques, nous sommes en présence d'un même vocable polysémique. Sitôt que les liens sémantiques qui unissaient les significations d'un vocable se rompent, nous assistons à l'homonymie qui est la limite sémantique d'un mot. À la suite de son évolution historique le mot développe son système de sens, il s'enrichit d'acceptions nouvelles.

^ La polysémie est précisément la faculté du mot d'avoir simultanément plusieurs sens à une époque donnée.

Le mot peut donc généraliser dans des directions différentes. La faculté du mot d'exprimer simultanément des sens différents pourrait être illustrée par les substantifs drapeau, toilette et perle. Drapeau, diminutif Je drap désignait d'abord 1) un morceau de drap; 2) ce morceau fixé à une hampe est devenu un signe de ralliement pour les soldats, d'où les expressions : le drapeau du régiment, être sous les drapeaux ; 3) plus tard, ce mot a signifié l'emblème d'une nation ; 4) et enfin il a commencé à s'employer dans le sens de «patrie» : défendre le drapeau — « défendre sa patrie».

Quoique les mots soient généralement polysémiques, les gens n'éprouvent aucune difficulté à se comprendre. Cette facilité de la com­préhension est due à la monosémie des mots dans la parole. Donc, le mot est polysémique et monosémique à la fois. Il est généralement polysémi­que comme unité de la langue-système et nécessairement monosémique comme unité de la parole.

1. La monosémie du mot peut être créée par le contexte verbal.

La polysémie des mots est un des traits caractéristiques du français, le contexte y prend une importance particulière comme actualisateur sémantique. Il y a parfois tendance à exagérer le rôle du contexte. L'importance du contexte n'est point absolue. Pris artificiellement à l'état isolé le mot apparaît dans son système sémantique complexe où domine généralement un des sens perçu comme étant le sens central.

2. La monosémie du mot peut être aussi créée par le milieu (local, historique et social). Ainsi dans le Poitou quitter s'emploie pour « laisser ». Dans la région de Saint-Étienne pour rendre l'idée d'« allumer le feu » on dit éclairer le phare.

3. Le sens des mots dépend parfois de l'époque historique à laquelle ces mots sont employés. Au XVIF siècle révolution (du latin revolutio, dérivé de revolvere — «retourner ») était employé en qualité de terme astronomique et signifiait « mouvement d'un corps céleste sur son orbite » ; au XVIIIe siècle ce mot avait déjà un sens politique, mais s'employait comme synonyme de « coup d'état », et seulement au XIXe siècle il a été appliqué aux changements profonds dans la société.

4. Le mot peut acquérir un sens particulier selon le milieu social et professionnel où il a cours.

Le mot opération prend une valeur différente dans la bouche d'un médecin, d'un militaire ou d'un financier. Contrairement aux mots à plusieurs sens qui constituent la majorité du lexique, les mots à sens unique de la langue courante sont relativement peu nombreux. Parmi ces mots il y a ceux du genre de bouleau, platane, frêne, canari, chardonneret, pinson ; chaumière, villa, cottage, yourte, etc. Ce sont généralement des mots désignant des objets ou phénomènes faisant partie de quelque classe plus ou moins restreinte. Pourtant ces mots peuvent aussi acquérir des acceptions nouvelles. Les termes dans le cadre d'une terminologie devraient être monosémiques. C'est une des conditions du bon fonction­nement des termes dans la langue.

^ 15. La restriction, l'extension et le déplacement du sens. Du point de vue logico-psychologique l'évolution sémantique pré­sente quelques types différents. Ce sont la restriction et l'extension du sens, la métonymie, la métaphore, le glissement de sens qui sont les procès sémantiques fondamentaux éventuellement accompagnés de modifications affectives amenant à l'amélioration ou la péjoration, à l'affaiblissement ou l'intensification du sens des mots.

Nous assistons à la restriction ou à l'extension du sens d'un mot lorsqu'il y a respectivement spécialisation ou généralisation de la notion exprimée. En faisant appel aux composants sémantiques on pourrait représenter la restriction de sens par la figure suivante : A —> A b où A est la notion de genre, b — l'indice notionnel différentiel, la flèche symbolisant le transfert sémantique. Concrétisons ce modèle par l'exemple du verbe pondre qui à partir du sens primitif de «déposer» (A) a reçu le sens de «déposer (A) des œufs (b)» en parlant des oiseaux et des reptiles.Avaler (de à et val) dont le premier sens était très étendu — «des­cendre, faire descendre, abaisser» ne signifie aujourd'hui que «faire descendre dans le gosier» ; le sens étymologique apparaît encore dans l'expression en aval de. Labourer signifiait primitivement «travailler» en général ; on labou­rait non seulement la terre, mais également le bois, les métaux ou autre matière; plus tard le sens de ce verbe s'est restreint, il ne signifie que «travailler la terre ». Ces exemples démontrent que la restriction du sens est une consé­quence de la réduction de la fonction nominative du mot qui de l'expression d'une notion de genre passe à l'expression d'une notion d'espèce. L'extension du sens présente un mouvement contraire dû à ce que le mot reçoit une plus grande liberté quant à sa fonction nominative : on assiste à la transformation d'une notion d'espèce en une notion de genre.

La figure représentant le processus d'extension de sens sera Ab->A: Fruit signifiait «résultat d'un travail» (en latin), puis «produit de la floraison», et de nouveau — «résultat d'un travail».

Dame est passé du sens de « femme de haute naissance » au sens de « femme » tout court. La restriction et l'extension du sens sont le plus souvent le résultat du changement de l'aire d'emploi d'un mot qui passe d'une sphère de l'activité humaine dans une autre. Généralement ces procès sémantiques n'amènent guère à la polysémie.

^ L'amélioration et la péjoration du sens.

Les processus séman­tiques examinés jusqu'ici représentent des modifications d'ordre logique. Ils sont parfois accompagnés de modulations affectives qui portent sur le contenu sémantique des mots en lui ajoutant des nuances favorables ou défavorables.

Un mot dont le sens primitif est neutre peut prendre une nuance défavorable. Les causes de la dégradation du sens sont différentes. On peut noter, entre autres, l'attitude dédaigneuse que manifestent les représentants des classes dirigeantes à l'égard de certains métiers, de certaines occupations. Le mot rustre qui signifie encore parfois «un campagnard, un paysan » est surtout pris en mauvaise part, dans le sens d'« homme grossier ». Un brigand désignait jadis «un soldat allant à pied et faisant partie d'une brigade » ; aujourd'hui il a un sens nettement négatif «un voleur ». Les noms de nations et de peuples acquièrent aussi parfois un sens péjoratif non sans l'influence des idées chauvinistes et nationalistes que nourrit la bourgeoisie réactionnaire. Ainsi Bohémien devient le synonyme de « fripon, filou » ; gaulois a parfois le sens le « scabreux, grivois ». Des mots empruntés aux langues étrangères sont souvent dégradés: rosse (empr. de l'ail. Ross — « coursier ») signifie « mauvais cheval ». Parfois la dégradation du sens est due à ce que l'objet ou le phéno­mène désigné par le mot évoque des associations négatives. Ainsi, oie ' devient le synonyme de « personne sans intelligence » ; sale — signifie « qui blesse la pudeur ». Un euphémisme' est un mot ou une expression employé à dessein 1 afin d'éviter l'évocation d'une réalité désagréable ou choquante. L'emploi euphémique d'un mot aboutit à la modification de la structure sémantique de ce dernier. Les mots peuvent subir une évolution sémantique opposée ; ils peuvent améliorer leur sens. Toutefois ces sont moins fréquents. Ce sont parfois des mots dont le sens primitif est neutre et qui au cours de leur développement prennent une nuance favorable. Un cas inté­ressant est offert par l'évolution sémantique du mot bougre qui provient du latin Bulgarus ou autrement dit « un Bulgare ». Parmi les Bulgares on comptait un grand nombre d'hérétiques. De là le mot bougre a signifié « hérétique » ; du sens d'« hérétique » on en est venu au sens d'« homme débauché », et encore de « fripon, filou » ; pourtant plus tard la nuance péjorative du mot s'est affaiblie et il a commencé à se nuancer favorable­ment ; aujourd'hui on dit C'est un bon bougre ! dans le sens d'« homme à cœur ouvert, franc et sympathique ». L'adverbe bougrement exprime le degré supérieur de la manifestation d'une qualité : С 'est bougrement joli ! Le mot chien a subi une évolution analogue. Au sens figuré ce mot a été marqué d'une nuance défavorable. On dit encore aujourd'hui avoir une humeur de chien, il fait un temps de chien. Mais au XIXe siècle le mot chien commence à prendre une valeur positive ; et on dit familièrement avoir du chien pour « avoir du charme ».
^ 16. La dérivation impropre.

La dérivation impropre est le procédé par lequel on tire d'un mot existant un autre mot en lui attribuant simplement une fonction nouvelle. Par ce procédé on crée un nouveau mot à partir d'une des formes d'un mot ancien en la faisant passer dans une autre catégorie grammaticale ou lexico-gramma- ticale. Tels sont le bien, le souper, des fers, un radio, tirés de bien, souper, fer, radio.

La dérivation impropre est fort productive en français moderne. On forme facilement des mots nouveaux qui reçoivent les caractéristiques d'une autre partie du discours.

^ Les substantifs peuvent être obtenus de diverses parties du discours:

- d'adjectifs qualificatifs : le calme, le beau, le rouge à lèvres;

- de verbes : le coucher du soleil, le souper, le devoir, l'être;

- de participes présents : un participant, un manifestant, un représentant, un sympathisant, un collant;

- d'adverbes : le bien, le mal, lepeu ;

- de mots non-autonomes: les pour et les contre, prendre le dessus,.

Les adjetifs peuvent aussi provenir d'autres parties du discours :

- de substantifs : un costume perle, un ruban rose, un chapeau paille;

- de participes présents : une personne charmante, des enfants obéissants ;

- de participes passés: un soldat blessé, des doigts effilés, une ville atomisée, des vols habités.

Les adverbes peuvent être tirés

- d'adjectifs : il a fort bien travaillé ;

- de prépositions : n'avoir rien contre ; courir après.

Les interjections peuvent être obtenues

- de substantifs : dame!, peste !, diable ! ;

- de verbe s à l'impératif et au subjonctif: tiens !, va !, allons !, soit !

Signalons à part la création des verbes tels que patronner, lyncher, parrainer de même que blanchir tirés de nominaux patron, Lynch (loi, de), parrain, blanche (blanc). Les linguistes français rangent d'ordinaire ce moyen de formation parmi la suffixation. Cependant les finales -er et -ir ne sont pas des suffixes au même titre que ceux qui ont été examinés précédemment ; elles n'entrent pas dans la partie lexicale des verbes. La formation du type patron > patronn-er, blanche > blanch-ir offre un cas particulier de dérivation impropre où à partir d'un nom (substantif ou adjectif) on forme une base verbale. Ce type de formation est parmi les plus productifs dans le français d'aujourd'hui, (cf., bachoter, court-circuiter, paniquer, tester, tangenter — « longer, côtoyer », surfer, vamper). Les mots apparus à la suite de la dérivation impropre peuvent être interprétés comme étant formés avec un suffixe zéro. L'affixe zéro apparaît dans les cas où son absence est significative ; il est alors commutable avec les formants (dans notre cas les suffixes) expli­cites, (cf. calme le calme et tendre tendresse, modeste modestie, etc.) Donc, la structure de la signification du dérivé est plus complexe que celle du mot générateur ce qui en principe est la condition minimale nécessaire qui signale la présence d'une formation dérivée.

Le passage d'un mot d'une partie du discours dans une autre à la suite d'une ellipse est aussi bien fréquent de nos jours une [ville] capitale, une [voiture] automobile, un [avion] supersonique.

^ 17. La formation des mots et son rôle dans l'enrichissement lexi­cal.

La formation des mots est une source féconde de l'enrichissement du vocabulaire français. Tout comme l'évolution sémantique la formation des mots nouveaux sert à la communication de nos idées et de nos sentiments. Elle est aussi largement utilisée dans des buts expressifs, comme moyen stylistique.

Parmi les causes de la formation des mots nouveaux il faut nommer les changements perpétuels survenus à l'intérieur de la société, les innovations multiples qui exigent une dénomination. L'intensité de l'enrichissement du vocabulaire au cours des siècles a connu des hauts et des bas. De nos jours la «créativité» est devenue particulièrement intense. Cela s'explique, d'une part, par la révolution scientifique et technique, d'autre part, par l'accès des larges masses à l'enseignement, aux mass media.

Sur quelle base repose la créativité lexicale? Ainsi J. Damourette et E. Pichon affirmaient que «chaque Français sent en soi le pouvoir de donner du sens à des syllabes spontanément venues se présenter à lui sans qu'il les ait auparavant jamais entendu employer par un autre...»

A. Sauvageot croit également possible de construire de toutes pièces des radicaux nouveaux au moyen de combinaisons de phonèmes existants, assemblés « selon les règles de notre prononciation ». Pourtant la plupart des linguistes estiment qu'il n'y a guère de vocables sans étymologie.

Les modèles de formation agissent généralement au cours de longs siècles, toutefois leur stabilité n'est que relative : certains disparaissent substitués par d'autres, nouvellement parus. Ces changements dans le système de formation se font très lentement en comparaison du renouvel­lement du vocabulaire. Au XXe siècle on signale l'apparition de plusieurs suffixes. De l'an­glais, dont l'influence devient prépondérante, on emprunte

-ing, -er. Notons encore le suffixe -rama, extrait de panorama, très en vogue dans la publicité. Sous l'influence de l'anglais, apparaît un nouveau modèle de for­mation de mots composés: nord-africain, sud-américain qui sont les équivalents des groupements de mots «de l'Afrique du nord», «de l'Amérique du sud». Les modifications portent parfois sur tout un procédé de formation qui peut subitement acquérir une vigueur dont il était dépourvu jusque-là. Les procédés de formation des mots énumérés au début de ce paragra­phe pourraient être répartis en quelques types : procédés morphologiques, phonético-morphologiques et phonétiques. Les premiers sont les suffixation et préfixation,parasynthétique, régressive, impropre, la composition ; les seconds — les télescopages, l'abréviation ; le dernier — l'onomatopée ; ajoutons encore le redoublement et la défor­mation des mots.
^ 18. La composition.

Ce procédé de formation, est moins productif que la dérivation affixale, mais occupe une place importante dans le système formatif du français d'aujourd'hui. La composition est interprétée de façon différente en linguistique.

Selon une conception très répandue un mot composé en français n'est pas seulement celui qui est formé par l'adjonction de bases différentes, mais n'importe quelle expression qui présente un groupement constant et usuel exprimant une notion, un seul concept. C'est pourquoi les locutions telles que chemin defer, boîte aux lettres, pomme de terre, etc., sont parfois traitées de mots composés.

Dans la linguistique russe si chaque mot exprime effectivement une notion, un concept, il serait abusif d'affirmer que n'importe quelle expression ou locution exprimant une notion serait un mot. Selon l'académicien V.V. Vinogradov les groupes tels que chemin defer, salle à manger, avoir envie ne sont guère des mots composés, mais tantôt des unités phraséologiques, qui par leurs fonctions sont souvent des équivalents de mots, tantôt des groupes de mots libres.

Pour le français l'intégrité formelle doit être comprise avant tout comme l'absence de rapports syntaxiques entre les composants d'un vocable qui grammaticalement et phonétiquement fonctionne comme un tout indivisible. Quant à l'écriture liée des mots, elle n'est qu'un indice accessoire, l'orthographe française étant conventionnelle.

Même là où autrefois on avait un groupe de mots on peut se trouver aujourd'hui en présence d'un mot composé dont les éléments n'offrent plus de rapport syntaxique. Tel est le cas de rouge-gorge. Les rapports syntaxiques qui existaient dans l'ancien français entre les éléments de cette formation ne correspondent plus à ceux du français moderne ; cela signifie qu'il n'y a plus aujourd'hui de rapport syntaxique à l'intérieur de ce vocable qui est devenu à la suite de son développement historique un mot composé. Le s que l'élément rouge prend au pluriel (rouges-gorges) n'est point la marque d'un rapport syntaxique actuel, mais rien autre qu'un vestige de l'ancien rapport syntaxique conservé par l'orthographe tradi­tionnelle et retardataire. Les vocables du type de rouge-gorge, doivent être traités de nos jours de mots composés formés par l'adjonction pure et simple de bases formatives différentes. La disparition d'un rapport syntaxique ancien à l'intérieur d'un vocable a souvent pour conséquence que ce dernier constitue un modèle de formation pour la création d'autres mots composés.

^ Les types essentiels de mots composés dans le français moderne.

1. Les mots composés qui ont été originairement formés à l'aide de plusieurs bases formatives : microscope, galvanomètre, bibliophile, gyrophare, téléscaphe. La présence dans ces composés d'éléments latins et grecs leur confère souvent une portée internationale. Par contre les autres types de mots composés sont des créations populaires d'un large emploi.

2. Les substantifs composés dont le premier élément est étymolo-giquement un verbe transitif, le second — un substantif exprimant le régime de l'action : hochequeue, presse-purée, presse-papier, monte-charge, porte-clefs, tire-bouchon, porte-plume. Parmi les formations récentes nommons : lave-linge, lave-glace, lave-vaisselle, porte-bébé.

3. Les autres types de composés sont moins productifs. Ce peuvent être des composés représentant des substantifs formés à l'origine d'un substantif et d'un adjectif dont l'ordre réciproque est archaïque : rouge-gorge, blanc-bec.

4. Un groupe semblable de composés comprend des adjectifs formés historiquement d'un participe précédé d'un adverbe : bienveillant, bien­séant, maldisant, malfamé.

5. Un autre type de composés correspond à un substantif précédé d'une préposition ou d'un adverbe : avant-scène, après-dîner, contrepoison.

Dans le français moderne tous ces types de composés peuvent être considérés comme étant directement formés par la simple adjonction de bases formatives différentes.

^ 20. La préfixation et la suffixation.

Tout comme des suffixes les préfixes sont caractérisés par un sens plus général que celui des bases formatives, ce qui leur permet de fonctionner en qualité d'éléments constants d'un modèle de formation. Les préfixes et les suffixes ne servent jamais de base de formation. On ne saurait créer de mots nouveaux à partir d'un préfixe ou d'un suffixe ; les combinaisons « base formative + suffixe » et « préfixe + base formative » sont normales, alors que la combinaison « préfixe + suffixe » est impossible.

À côté de ces traits communs les préfixes et les suffixes possèdent des particularités différentielles. La soudure et l'interdépendance sémantique entre le suffixe et la base formative atteignent un très haut degré qui font que le sens du dérivé se trouve généralement transformé en comparaison du sens du mot générateur. En effet, un journaliste n'est pas une variété de journal, mais « une personne qui écrit ou travaille dans un journal ». Quant au préfixe, il conserve le plus souvent une certaine autonomie sémantique par rapport à la base formative dont il ne fera que modifier le sens : superfin signifie « très fin ».

Le suffixe a enfin un pouvoir classificateur dont le préfixe est généralement dépourvu. Si le suffixe fait le plus souvent passer le mot qu'il forme dans une partie du discours (orientation < orienter), le préfixe sert largement à créer des mots nouveaux dans le cadre de la même partie du discours (irresponsable <responsable).

Il est à noter que les formations préfixales sont moins fréquentes et moins productives par comparaison aux formations suffixales.
22. L'abréviation.

Le français parlé qui de tout temps a répugné aux mots trop longs continue à les abréger, surtout lorsque l'aspect en révèle l'origine savante. Cette tendance à l'abréviation s'est considérablement accrue depuis la fin du XIXe siècle.

On distingue différents types d'abréviations. Parmi les plus fréquen­tes sont les troncatures telles que amphithéâtre] — « salle de cours », auto[mobile], cyclo [moteur], barofmètre], dactylo [graphe], kilogramme], qu'on forme en laissant tomber le deuxième élément d'un mot composé. Ces formations apparues dans le parler du peuple de Paris pénètrent de plus en plus souvent dans la langue littéraire. Ce mouvement est allé encore plus loin : on rejette une ou plusieurs dernières syllabes sans se soucier de ce que ces syllabes représentent ou non un morphème. L'abréviation s'effectue même lorsque les syllabes retranchées paraissent être indissolublement liées au corps même du mot af[faire], anar[chiste], accu[mulateur], baccalauréat], collabo [ration-niste], déb [utante] — « jeune fille qui débute dans la vie mondaine », puis « très jeune fille », édito[rial], fac[ulté], fortification], imper[méable], labo[ratoire], 'Huma [nité] et même Saint-Ex (Saint-Exupéry).

Parfois on remplace ces syllabes retranchées par un -o final qui repré­sente un pseudo-suffixe populaire : anarcho < anarchiste, apéro < apéritif, camaro < camarade, convalo < convalescent, mécano < mécanicien, métallo < métallurgiste, Montparno < Montparnasse, populo < populaire, proprio < propriétaire.

Généralement on réduit le mot par l'ablation des syllabes finales (apocope), toutefois l'ablation des syllabes initiales (aphérèse) est possi­ble : pitaine < capitaine, cipal < (gardé) municipal, Ricain < Américain.

Un tout autre type d'abréviations est représenté par des mots formés par la prononciation des lettres ou des syllabes initiales des composants de quelque locution, par exemple : ^ C.G.T. — « Confédération générale du travail », O.N. U. — « Organisation des nations unies », PDG — « Président-directeur général », ТОМ— « Territoires d'Outre-Mer». La création de sigles est une des tendances les plus accusées du français actuel qui s'est surtout manifestée à partir de la deuxième moitié du XXe siècle.

Par l'abréviation on ne forme pas tant des mots nouveaux que des variantes, généralement des variantes stylistiques de mots existants. Si métro, auto, cinéma, stylo, dactylo ont effectivement enrichi le français en triomphant de leurs formes complètes initiales,prof, récré, perme, colon, expo ne sont que des variantes stylistiques as profes­seur, récréation, permission, colonel, exposition. Il en est de même pour les sigles qui présentent « les doubles » des locutions correspondantes.
^ 23. La formation des mots par préfixes.

Parmi les formations préfixales la première place revient aux ver­bes. La préfixation des verbes. Parmi les préfixes verbaux les plus productifs il faut nommer -, dés- et r(e)- et la variante ré-. en- (em-) , a, mé- (mes-), contre-: contredire, trans-, ex-, in- (im-), sou-,

Les verbes préfixés sont généralement tirés de verbes, plus rarement de substantifs et d ' adj ectifs.

La préfixation des substantifs. Les formations préfixales sont beaucoup plus rares parmi les substantifs que les formations suffixales.

Les préfixes des substantifs les plus répandus sont ceux qui commu­niquent aux dérivés un sens opposé à celui du mot primitif : dé- (dés-), dis-, in- (im-, ir-, il-), mes- : désordre, désespoir, disproportion, inculture, incroyance, impuissance, irrespect. Les préfixes les plus productifs de ce groupe sont : anti- qui signifie « dirigé contre » et non- qui confère aux dérivés un sens négatif : antifascisme, antivirus ; non-participation, non-spécialiste. Le préfixe re-, ré- participe tout autant à la formation des substantifs que des verbes: réapprentissage, réexamen, reculturation. Parmi les préfixes productifs viennent aussi se ranger co- qui rend l'idée de concomitance et de simultanéité : coexistence, coproduction ; auto- qui signifie « lui-même, par lui-même » : autodéfense, autoguidage; rétro- correspondant à « en arrière » : rétrovision; mono- « un seul »: monobloc, monorail ; bi-----« deux, deux fois » ; biréacteur ; tri-----«trois, trois fois» : triporteur, triplan ; quadri-----«quatre, quatre fois»: quadrimoteur; poly — « plusieurs, nombreux »: polyculture. Signalons à part les préfixes d'intensité super-, sur-, hyper-, ultra-, méga(Io): superproduction, supermagasin, surcocktail, hypermarché ; La préfixation des adjectifs. Tout comme pour les substantifs les préfixes des adjectifs les plus répandus et productifs sont ceux qui communiquent aux dérivés un sens opposé à celui du mot primitif : in- (et ses variantes), anti-, non-, a-. Les préfixes d'intensité, dont surtout archi-, sur-, extra-, hyper-, super- sont aussi fort productifs dans la formation des adjectifs. La productivité des autres préfixes paraît être plus restreinte.

^ 24. La dérivation par suffixes. Généralités.

La dérivation suffixale est un procédé de formation bien vivant et productif dans le français contemporain.

Pourtant les suffixes moins productifs ne sont pas sans importance, eux non plus, dans le français d'aujourd'hui. C'est que ces suffixes, qui étaient jadis bien productifs, ont enrichi le vocabulaire d'un grand nombre de mots qui ont reçu un large emploi ; certains de ces mots font partie du fonds usuel du vocabulaire. Entre autres, on peut signaler les dérivés avec les suffixes peu productifs aujourd'hui, néanmoins fort répandus. Parmi ces suffixes nommons -eur (grandeur), -esse (tendresse), -ise (franchise), etc. Les parties du discours sont à un point différent sujettes à la suffixa­tion. Ce sont surtout les nominaux (substantifs, adjectifs, adverbes). Les verbes formés à l'aide de suffixes sont moins nombreux. Les suffixes servant à former des substantifs abstraits. Les suffixes des substantifs sont fort nombreux. D'après leur fonction sémantique ils se laissent répartir en plusieurs groupes plus ou moins considérables. Nombreux sont surtout les suffixes formant des substantifs à sens abstrait, tels que l'action, la qualité, etc. Parmi les suffixes formant des substantifs désignant l'action les plus productifs sont -ation, -(e)ment, -age. Une des premières places revient au suffixe -ation avec ses variantes -ition, -tion, -ion. Ce suffixe, et surtout ses variantes -ation, et -isation, est très répandu et productif dans le français contem­porain. Étymologiquement les substantifs avec ce suffixe sont des emprunts au latin ou des dérivés de verbes. Outre l'action les dérivés avec ce suffixe peuvent exprimer l'instru­ment de l'action : procuration; l'objet ou le résultat de l'action '.fondation; le lieu où l'action s'effectue : habitation. Les dérivés avec ce suffixe peuvent exprimer un processus : evaporation, cicatrisation, habituation. Il peuvent rendre aussi un état : hésitation, humiliation, humanisation. Le suffixe -(e)ment. Les substantifs avec ce suffixe sont presque exclusivement des dérivés de verbes, avec lesquels ils se trouvent en corrélation : applaudissement <applaudir.Les dérivés avec le suffixe -(e)ment peuvent exprimer un processus: bourgeonnement,; un état : découragement. Le suffixe –age. La majorité des substantifs avec -age sont dérivés de verbes avec lesquels ils sont en corrélaton : labourage < labourer. Parmi les dérivés avec le suffixe -age qui expriment l'action on peut isoler un groupe désignant « la manière de parler »: bavardage,chuchotage.

Les dérivés avec le suffixe -age ont tendance à exprimer des actions plus particulières, que les verbes correspondants. Outre ces suffixes qui sont parmi les plus productifs il y en a d'autres. Tels sont les suffixes :

-erie (formé par la contraction de -ier et -ie),: agacerie, criaillerie;

-erie: chaudronnerie, chapellerie, ganterie, boulangerie, crémerie;

-ance (-ence): surveillance, obéissance, délivrance, vengeance;

-ée: tombée, montée, traversée, rentrée, arrivée, tournée ;

-ade: débandade, reculade, promenade, ruade.

Un autre groupe de dérivés avec ce suffixe exprime des actions repré­sentant « une façon de tirer, de faire feu » ; mousquetade, canonnade, fusillade, arquebusade et dont un troisième groupe de dérivés exprime des actions avec une nuance de sens péjorative : turlupinade, fanfaronnade, bravade, bourrade.

^ Les suffixes servant à former des substantifs concrets. Les suffixes des substantifs à sens concret constituent un autre groupe con­sidérable.

Un de ces suffixes les plus productifs de notre époque est -iste la productivité des suffixes -eur (-euse) et -ateur, -teur (-atrice, -trice) n'a pas été altérée au cours des siècles ; parmi les suffixes bien productifs sont lessuffixe -ier, -tier (-ière, -tière) : conférencier, vacancier, grutier,; -logue: radiologue, cosmétologue, océanologue. Parmi les suffixes particulièrement productifs de ce groupe nommons -ateur (-teur, -eur) et -euse qui forment des substantifs désignant des machines, des appareils de toute sorte : excavateur, épurateur, aspirateur, interrupteur, répondeur (téléphonique), baladeuse. Signalons encore les suffixes de création récente -on et -tron formant des substantifs désignant, le premier, des particu­les élémentaires : neutron, positon, le second, des appareils : betatron, magnetron, cyclotron. Ajoutons encore –thèque :discothèque, ludothèque, médiathèque, vidéothèque.

La suffixation des adverbes.

La dérivation des adverbes s'effectue à l'aide de l'unique suffixe -ment. Dans le français moderne les adverbes avec ce suffixe sont en cor­rélation avec des adjectifs dont ils sont formés : heureusement < «— heureuse. Les formations avec ce suffixe peuvent exprimer : la manière; le degré d'intensité de la manifestation d'un phénomène; un rapport de temps

La suffixation des verbes. La suffixation est moins typique des verbes que des substantifs et des adjectifs. Le suffixe -is-, qui est parmi les plus productifs: légaliser < <— légal, «rendre légal». Les formations avec ce suffixe sont en corrélation avec des substantifs ou des adjectifs. Les suffixes -ass-, -aill-, -ot-, s'ajoutant à des verbes, communiquent à leurs dérivés une nuance défavorable : rêvasser ; écrivailler, rimailler, politicailler. Les suffixes -ot-, -ill-, -onn-, s'appliquant aussi aux verbes, leur communiquent un sens diminutif : toussoter, buvoter, trembloter, siffloter.

^ 25. La dérivation parasynthétique. Par la dérivation parasynthé-tique on comprend la formation de mots nouveaux par l'adjonction simultanée d'un suffixe et d'un préfixe : souterrain <— terre, encolure <— col.

Ce procédé paraît être productif dans la formation des adjectifs tels triatomique, extra-cellulaire, polycylindrique qui sont en corrélation avec des substantifs. Ajoutons quelques créations récentes : transsonique, monoparental, pluridisciplinaire, multiculturel.

^ La dérivation régressive.

Ce procédé, appelé aussi « dérivation sans suffixe » ou « dérivation avec le suffixe zéro », consiste en la forma­tion de mots par le retranchement de certains suffixes. Ainsi on a formé démocrate, aristocrate, autonome de démocratie, aristocratie, autonomie en rejetant le suffixe -ie. Certains mots qui sont historiquement créés par dérivation régressive seront interprétés dans la synchronie comme des bases de formations suffixales. Tel est le cas de autonome qui a été réellement créé de autono­mie. Quant à aristocrate et démocrate leur interprétation dans la synchronie coïncidera avec leur création réelle du fait que ce sont préci­sément ces formations qui sont motivées par aristocratie et démocratie et non inversement (ainsi un démocrate est un partisan de la démocratie). Il est à noter qu'on range souvent dans la dérivation régressive les substantifs tirés de verbes et coïncidant avec les radicaux de ces derniers : cri < — crier, vol < —voler, appel < appeler. Cette interprétation erronée est fondée sur l'opinion répandue, surtout parmi les linguistes français, que le -er des verbes à l'infinitif est un suffixe, alors qu'il n'est : rien autre qu'une désinence verbale. Notons que la dérivation régressive est peu productive en français moderne.

L'onomatopée.

Par l'onomatopée on appelle à présent la création de mots qui par leur aspect phonique sont des imitations plus ou moins proches, toujours conventionnelles, des cris d'animaux ou des bruits différents, par exemple : cricri, crincrin, coucou, miaou, coquerico, ronron, glouglou, froufrou. Ce procédé de formation offre une particularité par le fait qu'il s'appuie sur une motivation naturelle ou phonique qui s'oppose à la motivation intralinguistique caractéristique de tous les autres procédés de formation. L'onomatopée est d'une productivité restreinte, ce qui s'explique en particulier par le caractère relativement réduit des sons perceptibles par l'oreille humaine. Signalons pourtant les créations récentes : bang [bàg] — « bruit produit par un avion supersonique », yé-yé — formé par imitation du refrain d'une chanson américaine (de «yeah... yeah », altération de yes), blabla(bla) employé familièrement pour « bavardage, verbiage sans intérêt», boum — « bruit sonore de ce qui tombe ou explose, baraboum ! imitant un bruit de chute, bim ! et bing ! [birj] qui évoquent un coup.
^ 26. Les homonymes.

On appelle homonymes les mots qui, ayant une même forme phonique, se distinguent par leur sens. L'homonymie est un phénomène très répandu en français. Elle peui même embrasser tout un groupe de mots, ce qui constitue une des gran­des difficultés qu'éprouvent les étrangers en entendant parler français (deux d'eux d'œufs ; camp quand qu 'en ; nom non n 'ont quel qu 'elle, etc.).

Les principaux types d'homonymes. L'homonymie est absolue quand aucun indice de nature orthographique ou grammaticale ne spécifie les homonymes qui se distinguent uniquement par leur sens. Les mots goutte — «капля» et goutte — «подагра» sont des homony­mes absolus, car ils se prononcent et s'écrivent pareillement et possèdent des catégories grammaticales identiques. L'homonymie est partielle lorsqu'il y a quelques indices particuliers qui distinguent les homonymes, outre leur signification. Cela peut être le genre grammatical du mot : mousse (f) — «мох», mousse (m) — «юнга» ; les homonymes peuvent s'écrire d'une manière différente : mètre (ni) — «метр», maître (m) — «хозяин», mettre (vt) — «класть».

Les homonymes qui s'écrivent identiquement sont des homo­graphes. Le caractère des relations existant entre les homonymes permet de les classer en quelques groupes :1. Les homonymes lexicaux. On fait entrer dans ce groupe les homonymes qui coïncident quant à leur forme phonique et grammaticale. Cela signifie que : 1) ces mots comportent les mêmes phonèmes et 2) que ces mots appartiennent à la même partie du discours et possèdent les mêmes catégories grammaticales. Par exemple, les mots chair (f) et chaire (f) sont des homonymes lexicaux, étant donné que ce sont deux substantifs féminins. Autrement dit, le groupe des homonymes lexicaux embrasse les homonymes absolus et ceux des homonymes partiels qui ne se distinguent que par leur orthographe. a) Homonymes lexicaux absolus : balle (f) — мяч , balle (f) — пуля, avocat (m, f) — авокадо , avocat (m) — адвокат , cousin (m) — кузен, cousin (m) — комар, b) Homonymes lexicaux partiels : faim (f) — голод ,fin (f) — конец , pore (m) — пора, porc (m) — свинья

^ 2. Les homonymes grammaticaux. Ce groupe embrasse les homonymes partiels qui se distinguent grammaticalement, autrement dit ceux qui appartiennent à des catégories grammaticales différentes. Une subdivision peut être faite dans ce groupe d'homonymes :

a) les homonymes grammaticaux appartenant à la même partie du discours. Tels sont les mots bal (m) et balle (f), bout (m) et boue (f), dont la forme phonique coïncide, mais qui se distinguent par le genre.

b) les homonymes grammaticaux appartenant aux différentes parties du discours ; Par exemple, envisagés dans leur forme principale,) le substantif bond (m) et l'adjectif bon sont des homonymes ; mais si l'adjectif est pris au féminin (bonne) l'homonymie disparaît.

En français ce sont surtout les verbes qui fournissent un grand nombre d'homonymes grammaticaux, grâce à leur système développé de conjugai­son, ainsi les homonymes lexicaux cou (m), coup (m) et coût (m) ont pour homonymes grammaticaux : coud et couds — formes du verbe coudre ; les homonymes lexicaux pain (m) et pin (m) ont pour homonymes gram­maticaux peint et peins formes du verbe peindre, et ainsi de suite.

L'origine de l'homonymie. L'apparition des homonymes dans une langue est avant tout le résultat de différents phénomènes linguistiques qui s'opèrent dans la langue au cours de son développement. On pourrait indiquer quatre sources principales des homonymes en français.

1. L'homonymie peut être une conséquence du développement pho­nétique des mots qui primitivement avaient une forme différente (pain (m)< lat. panis pin (m)< lat. pinus peint< lat. pi(n)ctum).

2. L'emprunt occupe aussi un certaine place dans la formation des homonymes.

3. La dérivation est une autre source bien féconde de l'homonymie en français. Un grand nombre d'homonymes est le résultat de la dérivation impropre, ainsi, le mot coupe (f) (du verbe couper) devient un homonyme du subs­tantif coupe (f) «чаша». Ajoutons encore les cas tels que lever (v) et le lever {du soleil) qui sont nombreux.

4. Il existe une source importante d'homonymie qui est due unique­ment à un écart sémantique qui se produit dans un mot polysémique à l'origine. On assiste alors à l'apparition de mots différents à la suite de la rupture des liens sémantiques qui unissaient les sens du mot polysé­mique. Un exemple devenu classique est offert par l'histoire des homonymes : grève (f) — 1. « plage de sable » et grève (f) — 2 « cessation du travail ». De même, le mot balle («мяч») s'est dédoublé au cours de son évo­lution sémantique en donnant des homonymes : 1. «мяч» et 2. «пуля». L'homonymie sémantique peut être accompagnée de divergences d'ordre grammatical. II y a des homonymes dans lesquels la différence de genre a surgi comme moyen de distinguer deux homonymes sémantiques ; Dans le français d'aujourd'hui il y a deux mots-homonymes : mémoire (f) («память») et mémoire (m) («докладная записка ; диплом») mais encore au XIVe siècle c'étaient deux acceptions d'un seul mot du genre féminin ; la différence de genre s'est introduite assez tôt, au XVe siècle, pour distinguer ces deux acceptions, et de ce fait a apparu mémoire (m), l'homonyme de mémoire (f).


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